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| Journal fondé le 17 janvier 2001 *Directeur de Publication - Publisher: Dessalines Ferdinand |
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Elections-Congrès américain-Florida District 17 La faute à nos candidats!
MIAMI GARDENS -- On n'en finira donc pas, cette année de parler de la défaite collective des quatre candidats d'origine haïtienne qui ont échoué dans leur tentative d'obtenir la nomination du parti démocrate pour le poste de Député du 17e district de Floride à la Chambre des Représentants du Congrès américain lors des primaires déroulées le mardi 24 août dernier. C’était prévisible! Les analystes politiques n'avaient pas cessé de dire que l'électorat haitien-américain de ce district n’est pas d'une force assez suffisante pour garantir la victoire d'un d'entre eux face aux autres cinq concurrents étrangers. Ce siège actuellement vacant est occupé par les Meek depuis sa création en 1992 [ Carrie P. Meek 1993-2003 ; son fils Kendrick Brett Meek 2003-2011). Le verdict des urnes est tombé. Les résultats n'ont réservé aucune surprise. L'ancienne sénatrice de l'Etat de Floride, Frédérica Wilson, a remporté les primaires. Nos quatre candidats incrédules ont échoué, de façon individuelle bien sûr, mais sur fond d'une défaite collective annoncée pour la communauté haïtienne, dans leur offensive de devenir la première personnalité d'origine haïtienne à siéger au Congrès américain à Washington DC. Cette défaite au goût amer est l’émanation d’un secteur politique divisé depuis sa fondation. Il est dommage que ces quatre politiciens qui aspiraient à représenter la communauté haïtienne au niveau fédéral, mettaient dans cette course, leur réussite singulière en avant, au lieu de s'asseoir ensemble pour trouver un concessus entre eux. Ce qui pouvait être très bénéfique pour l’ensemble de la communauté haïtienne. La déception est à son comble La déception est à son comble chez les compatriotes haïtiens après cette défaite Aujourd'hui, tout haïtien progressiste et partisan de l'unité dans le domaine politique se sent mal dans sa peau, sauf peut-être nos quatre candidats incrédules. Pour cause, aucun d'entre eux ne siègera en janvier 2011 au congrès américain. Cette nouvelle défaite renvoie la Communauté haïtienne à ses démons, à savoir la divisibilité structurelle de son secteur politique. Depuis plusieurs années, pas une seule élection prenable à la communauté n'a vu pas moins de deux candidats d'origine haïtienne s'affronter pour le même poste. Nombreux sont les compatriotes qui ont cherché à analyser les attitudes liées au comportement égocentrique adopté par les quatre candidats. Chacun(e) essaye de trouver des explications. Le pays (Haïti) d’où sont originaires ces quatre personnalités, des descendants d’esclaves, où l'instabilité politique a toujours régné, vient tout de suite comme une « évidence » à l’esprit. Certains voient chez les quatre candidats des comportements inhérents à la race. Les Haïtiens de l'intérieur (Haïti), comme ceux de l'extérieur (Diaspora) ne sont pas différents dans leur vie de tous les jours. En matière de politique, cette communauté haitienne en diaspora est le reflet du pays natal. La division a toujours primé sur l'unité communautaire. Il est rare de voir des haïtiens d'un même secteur font cause commune au grand bénéfice de la collectivité. Quatre candidatures annoncées Le ton de la division a été donné avant même le lancement de la campagne électorale. L'avocat Philipp Brutus, le premier haitien-américain à siéger au Congrès de Tallahassee (Représentant du District 108 Miami-Dade County, 2000-2006), se croyait peut-être "qualifié d'office" pour représenter la communauté haïtienne dans ces élections. Le jour même de l'annonce officielle de sa candidature, son ex-épouse Yolly Roberson (avocate, ancienne représentante du District 104 du comté de Miami-Dade à Tallahassee, 2002-2010) annonça qu'elle se porte candidate pour le même poste. Le nombre des candidats haitien-américains allait être augmenté quelques semaines plus tard avec l'annonce officielle de la candidature de Marleine Bastien (militante et défenseuse de la cause des réfugiés haïtiens ). Puis, arriva dans la course le dernier concurrent d'origine haïtienne, Rudy Moïse, un médecin de famille. Dès lors, une victoire d'un(e) candidat(e) d'origine haïtienne dans cette course était du rêve sans lendemain pour une communauté. Une préfiguration funeste de ce qu’allait être la répartition des votes des électeurs haitien-américains qui se sont enregistrés démocrates, annonçaient déjà cette défaite collective. Au premier rang des déçus, les voteurs qui croient qu'une présence d'un des leurs au congrès américain pourrait porter fruit à leur communauté. La faute à nos candidats! Victoire combinée des Haïtien-Américains Selon les résultats officiels définitifs publiés sur le site de "Florida Division of Elections", l'afro-américaine Frederica Wilson qui a remporté les primaires du parti du président Barack Obama pour le poste de Député du 17e district de Floride, a obtenu 16,653 voix, soit 35% des 48,202 électeurs démocrates qui se sont rendus dans les 253 bureaux de vote répartis à travers le district ce mardi 24 août. Les quatre candidats haitien-américains [ Rudolph Moïse 7,769 voix (16%) - Yolly Roberson 4,921 voix (10%) - Phillip Brutus 4,068 voix (8%) - Marleine Bastien 2,889 voix (6%) ] ont obtenu dans l'ensemble 19,647 voix, soit 40% des suffrages. Les quatre autres candidats réunis Shirley Gibson (5,777 voix), Scott Galvin (2,653 voix), James Bush (2,630 voix) et Andre Williams (842 voix) totalisent les 25% restants. Dans l'ensemble les quatre candidats d'origine haïtienne ont obtenu 40% des suffrages, un taux plus élevé de celui de la candidate Wilson. Une victoire combinée à ne pas applaudir, puisque celle-ci ne sert à rien. Il faut croire que Yolly Roberson et Rudolph Moïse avaient adopté des stratégies différentes. Ils ont bénéficié de plusieurs centaines de votes d'électeurs issus des autres communautés partageant le district 17, contrairement à Phillip Brutus et Marleine Bastien qui, selon toute vraisemblance, misaient sur les votes des haitiano-américains. Mis à part la gagnante Frederica Wilson, Moïse et Roberson ont quand même fait mieux que la majorité des autres candidats étrangers. Et nous devons les féliciter. Ils se sont bien positionnés. Il est possible que la majorité des électeurs haitien-américains se soit abstenue de ne pas se rendre aux urnes, sachant les élections perdues d’avances ? S'il y avait eu une candidature unique, tout laisse croire que les électeurs haitien-américains seraient plus motivés à se rendre aux bureaux de vote en nombre imposant. Cela aurait un effet multiplicateur pour garantir une "victoire haïtienne". L’expression claire de la « désunion communautaire » Brutus, Roberson, Bastien, Moïse appartiennent tous à la même communauté, à la même culture et nous voulons croire qu'ils partagent ainsi un référentiel commun. Cependant, leur comportement égocentrique fait plutôt croire qu'ils sont candidats par des préoccupations de carrière individuelle. L’image des politiciens de la communauté haïtienne n’est pas très reluisante. Le préjugé existant est que ces hommes politiques ne cherchent pour la plupart que leurs intérêts; qu’ils font de la politique pour accéder à des responsabilités au sein de l'appareil étatique; qu’ils sont également motivés par l’accès à des postes ou à des fonctions dans les institutions -gouvernement, Parlement, conseils communaux -, avec tous les avantages qui y sont liés. Bref, ce n’est pas l’intérêt général qui semble primer. Au nom de la démocratie, il ne faut pas être trop critique envers les quatre candidats. C’est le lot de la démocratie, et la démocratie, c’est la compétition. Les élections sont avant tout une compétition ouverte. Certes, s’il n’y avait eu qu’une seule candidature, aujourd’hui encore, il y aurait de l’espoir dans l’air pour toute une communauté de voir un des leurs faire en janvier prochain son entrée officielle au congrès américain. Cependant, certains auraient mis en avant, à tort ou à raison, l’absence de démocratie interne dans la communauté haïtienne. Qu’il y ait eu quatre candidats c'est bien un signe de vitalité démocratique. En démocratie, chacun a le droit de nourrir des ambitions politiques, de prendre part à la gestion des affaires publiques. Mais dans le cas de ces élections primaires du 24 août dernier, la présence de ces quatre candidats haitien-américains fut plutôt perçu, par plus d’un, comme l’expression claire de la « désunion communautaire. » Le souvenir du quatuor "Brutus-Roberson-Bastien-Moïse" à ces élections primaires du parti démocrate pour le poste de Député du 17e district de Floride, restera longtemps gravé dans la mémoire des Haïtiens progressistes et partisans de l'unité comme des politiciens peu intelligents qui ont fait perdre à toute une communauté la chance de se faire représenter pour la première fois au congrès américain, à cause de leur "individualisme suicidaire". Ils ont divisé les votes des haitien-américains au profit de la gagnante Frederica Wilson. Nouvelles batailles annoncées: Brutus vs Roberson ; Despinosse vs Pierre Cette défaite du 24 août 2010 sur fonds de division ne va malheureusement rien changer dans la mentalité des politiciens de la communauté haïtienne. Ceux qui pensent que cet échec collectif devra leur servir de leçon, se trompent grandement. Car moins de 24 heures après cette défaite au goût amer aux primaires démocrates, les avocats Phillip Brutus et Yolly Roberson, deux élus de terrain, se lancent déjà dans une nouvelle bataille pour le poste laissé vacant au sénat floridien par l'afro américaine Frederica Wilson, comme représentant(e) du district 33. Le moins que l’on puisse dire de cet ancien couple, c’est qu’ils sont deux "ennemies" ( pas côte à côte du moins dans la vie politique.) L'ancien commissionaire du District 3 de la ville de North Maimi, Jacques Despinosse, n'a-t-il pas déjà annoncé sa candidature pour le poste de maire de cette ville à forte concentration d'Haïtiens aux prochaines élections municipales qui se tiendront en mai 2011. Despinosse devra affronter inévitablement au nom de la démocratie l'actuel maire André Pierre, un autre haïtien-américain. D. Ferdinand/LE FLORIDIEN 26 août 2010 Mis à jour le 1er septembre 2010 _______________________________________________ . |
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