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Les USA ne se ruent pas à l'attaque
À quelques mois du coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, le sélectionneur des États-Unis Bob Bradley doit faire face à ce qui ressemble de plus en plus à un casse-tête : en l'absence probable du Sochalien Charlie Davies, toujours blessé, qui aligner dans le secteur offensif des Stars and Stripes ?
À la Coupe des Confédérations de la FIFA, en juin dernier en Afrique du Sud, Bradley avait fait de Jozy Altidore son premier choix en attaque. L'imposant avant-centre avait débuté les deux premiers matches des États-Unis dans le tournoi, qui s'étaient soldés par de lourdes défaites, face à l'Italie et au Brésil. Pour la troisième sortie de son équipe, le "boss" décide de lancer Davies, alors pensionnaire du club suédois d'Hammarby. Jusque-là, l'expérience internationale du rapide attaquant se limitait à exactement 13 minutes de jeu, au Tournoi Olympique de Pékin en 2008. En d'autres termes, la décision de Bradley ressemble à un coup de poker, d'autant plus que pour avoir une chance de se qualifier, la sélection américaine doit battre l'Égypte par au moins trois buts d'écart.
Le pari de Bradley se révélera payant. Aux côtés d'Altidore, Davies épuise la défense des champions d'Afrique par ses courses et son impressionnant volume de travail. Par leur activité, les deux hommes permettent aux plus expérimentés Landon Donovan et Clint Dempsey de reculer d'un cran afin d'utiliser au mieux leurs qualités de passeurs.
Accident et concurrents
Davies marque, les États-Unis s'imposent 3:0 puis enchaînent par un exploit en battant l'Espagne en demi-finale. Contre les champions d'Europe en titre et numéros un au classement mondial, c'est Altidore qui inscrit le but de la victoire. En finale face au Brésil, les représentants de la Bannière étoilée atteignent la pause avec un avantage de deux buts. Ils s'inclinent en définitive 2:3, mais Bradley peut se consoler en se disant qu'il a trouvé la bonne formule en attaque. Plus important peut-être, les États-Unis ont montré en Afrique du Sud qu'il fallait désormais compter avec eux au plus haut niveau du football international.
Davies a le vent en poupe. À son retour de la Coupe des Confédérations de la FIFA, il quitte la Scandinavie et met les voiles à destination de Sochaux. Mais en octobre, alors qu'il se trouve à Washington pour disputer un match international avec les États-Unis, il est victime d'un très grave accident de la route. Il en réchappe, mais les dégâts physiques sont sérieux : double fracture à la jambe, luxation du coude, nombreuses blessures au visage, vessie perforée, hémorragie cérébrale. Autant dire que ses chances de participer à la Coupe du Monde de la FIFA 2010 sont pratiquement réduites à néant, même si l'intéressé n'a pas perdu espoir.
À 23 ans, Davies est revenu en France, où il effectue sa rééducation. Quant à Bradley, il se retrouve devant le dilemme qui était le sien avant l'éclosion de Davies : qui associer en pointe à Altidore ? À l'heure actuelle, les options du sélectionneur US semblent être au nombre de quatre : Brian Ching, Conor Casey, Jeff Cunningham et, dans une moindre mesure, le jeune Robbie Findley. Les quatre hommes évoluent en Major League Soccer, le championnat de première division américain.
Options multiples… et variées
À 31 ans, fort de ses 44 capes et 11 buts marqués en sélection nationale, Brian Ching est l'antithèse du virevoltant Davies. Retenu pour apporter son expérience à la jeune et inhabituelle équipe des États-Unis qui a disputé la Gold Cup de la CONCACAF 2009, l'attaquant d'origine hawaïenne n'a pas participé à la belle campagne de son pays en Afrique du Sud. Il faisait partie des 23 Américains retenus pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, mais n'avait pas été utilisé. En contraste avec la fougue et l'exubérance de Davies, Ching est un vieux renard des surfaces et excelle dans le jeu aérien. "J'ai suffisamment d'expérience pour savoir exactement ce qu'attend le coach et quand les plus jeunes ont besoin d'encouragements", confiait-il à FIFA.com lors de la Gold Cup de la CONCACAF 2009, où les États-Unis s'étaient inclinés 0:5 en finale, face au Mexique à New Jersey.
Deuxième possibilité, Conor Casey. Après s'être illustré très jeune au Tournoi Olympique de Sydney en 2000, l'attaquant des Colorado Rapids a souvent fait le va-et-vient en équipe nationale. Aujourd'hui âgé de 28 ans, il s'était distingué en marquant deux buts décisifs face au Honduras en qualification pour Afrique du Sud 2010. D'une carrure digne d'un rugbyman, il pèche malheureusement par manque de constance en sélection. Troisième candidat, Jeff Cunningham, 33 ans. Né en Jamaïque, c'est lui qui, de par ses qualités, ressemble le plus à Davies. Véloce, il a progressé ces dernières années en termes d'efficacité, inscrivant 17 buts en 23 sorties la saison dernière pour le FC Dallas. Le jeune Robbie Findley (24 ans) est une quatrième option pour Bradley. Ce rapide attaquant a notamment participé à l'épopée qui a conduit le Real Salt Lake au titre de champion des États-Unis en 2009, marquant à 12 reprises après avoir connu un début d'exercice difficile.
Auteur d'un but et d'une passe décisive lors de la victoire 2:1 des États-Unis contre le Salvador, mercredi dernier en Floride, le grand Ching est plus que jamais en lice pour apporter la solution au casse-tête offensif de Bradley. Menés 0:1, les Américains ont renversé la vapeur, signant ainsi leur premier succès en quatre tentatives. Certes, le sélectionneur US a l'embarras du choix, avec également Donovan, Dempsey, DaMarcus Beasley - même si le milieu latéral offensif des Glasgow Rangers n'est pas en odeur de sainteté auprès de Bradley -, le jeune Stuart Holden, voire l'ancien prodige Freddy Adu, qui a gagné en expérience.
Bien conscient que rien ne vaut une paire d'attaquants stable pour espérer réussir un coup en Afrique du Sud au mois de juin prochain, le stratège américain va devoir se décider relativement vite. En effet, avec seulement trois rencontres amicales contre les Pays-Bas, la République tchèque et la Turquie prévues d'ici à l'entrée en lice de ses hommes face à l'Angleterre à la Coupe du Monde de la FIFA, le temps est compté pour le patron de l'équipe des États-Unis. Une entrée en lice qui, soit dit en passant, se déroulera à Rustenburg, là précisément où les Boys s'étaient "réveillés" contre l'Égypte, lors de la dernière Coupe des Confédérations de la FIFA.
Source: fifa.com
Mis à jour le 1er mars 2010
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